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Déduction et exonération de taxe foncière en investissement locatif : tout ce qu’il faut savoir

La taxe foncière fait partie des charges incontournables d’un investissement immobilier. Elle est due chaque année par le propriétaire du bien, que le logement soit occupé, vacant ou donné en location. Son montant peut d’ailleurs peser sensiblement sur la rentabilité d’un projet. Pour autant, son impact ne doit pas être analysé uniquement comme une dépense supplémentaire. Selon le mode de location et le régime fiscal retenu, la taxe foncière peut être déduite des revenus locatifs. Certains logements peuvent également bénéficier d’une exonération temporaire ou d’un dégrèvement, sous réserve de respecter des conditions précises. Voici donc tout ce qu’il faut savoir sur la déduction et l’exonération de taxe foncière en investissement locatif.

Clés de logement

Cet article en bref

  • La taxe foncière est généralement déductible lorsque les revenus locatifs sont déclarés sous un régime réel.
  • Sous un régime micro, elle n’est pas déduite séparément : elle est comprise dans l’abattement forfaitaire.
  • Plusieurs exonérations temporaires existent, notamment pour certaines constructions neuves ou rénovations énergétiques, mais elles ne sont pas toujours automatiques.
  • Lorsqu’elle est déductible, la taxe foncière peut contribuer à la création d’un déficit foncier en location nue.
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La taxe foncière est-elle déductible en investissement locatif ?

Oui, la taxe foncière peut être déduite des revenus générés par un investissement locatif, mais la déduction dépend du régime d’imposition choisi. Dans une location nue déclarée au régime réel, la taxe foncière sur les propriétés bâties fait partie des impositions admises en déduction des revenus fonciers. Elle vient donc réduire le résultat imposable du propriétaire. Prenons un exemple simple. Un logement génère 9 000 euros de loyers annuels. Le propriétaire supporte 1 200 euros de taxe foncière, auxquels s’ajoutent des intérêts d’emprunt, une prime d’assurance et des dépenses d’entretien. Si le bien relève du régime réel, les charges déductibles sont retranchées des loyers pour déterminer le revenu foncier net soumis à l’impôt.

Cette déduction n’est pas une exonération. Le propriétaire paie bien la taxe foncière à l’administration fiscale, puis en tient compte dans le calcul du résultat locatif imposable.

Il faut également distinguer la taxe foncière proprement dite de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Cette dernière est en principe récupérable auprès du locataire. Dans la mesure où elle incombe normalement à l’occupant, elle n’a pas vocation à être déduite comme une charge définitivement supportée par le bailleur.

Si le propriétaire ne la récupère pas auprès du locataire, cela ne suffit pas automatiquement à la rendre déductible. Il faut donc éviter de reprendre mécaniquement le montant total de l’avis de taxe foncière dans la déclaration des revenus fonciers.

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Déduction de la taxe foncière selon le régime fiscal

Le traitement de la taxe foncière varie selon que le logement est loué nu ou meublé, et selon que l’investisseur relève d’un régime forfaitaire ou réel :

 

En location nue au régime micro-foncier

Le micro-foncier s’applique, sous certaines conditions, lorsque le montant brut annuel des revenus fonciers du foyer ne dépasse pas 15 000 euros. Dans ce régime, le contribuable déclare le montant brut des loyers et l’administration applique automatiquement un abattement de 30 %. Cet abattement est censé représenter l’ensemble des charges supportées par le propriétaire. La taxe foncière ne peut donc pas être déduite une seconde fois pour son montant réel.

Un propriétaire qui supporte une taxe foncière élevée, des intérêts d’emprunt importants et des travaux peut constater que l’abattement de 30 % est inférieur à ses charges réelles. Dans cette situation, le régime réel peut devenir plus pertinent. Le choix ne doit toutefois pas être guidé par la seule taxe foncière. Il faut comparer l’ensemble des charges déductibles avec l’abattement forfaitaire, en tenant compte des règles et de la durée d’engagement liées à une éventuelle option pour le réel.

 

En location nue au régime réel

Au régime réel, le revenu foncier imposable correspond à la différence entre les loyers encaissés et les charges réellement supportées et justifiées. La taxe foncière fait alors partie des dépenses pouvant être prises en compte, à l’exclusion des composantes normalement récupérables sur le locataire.

Ce régime devient particulièrement intéressant lorsque le logement génère des charges conséquentes : travaux de réparation ou d’amélioration, intérêts d’emprunt, assurances, frais de gestion, charges de copropriété non récupérables ou taxe foncière élevée. Le régime réel peut ainsi réduire le revenu foncier imposable et, dans certaines situations, faire apparaître un déficit foncier.

 

En location meublée

Les revenus d’une location meublée sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, et non dans celle des revenus fonciers. Sous un régime micro-BIC, les charges ne sont pas déduites une par une. Elles sont réputées couvertes par l’abattement forfaitaire applicable à la catégorie de location concernée. La taxe foncière ne donne donc pas lieu à une déduction séparée.

Sous un régime réel, en revanche, les charges effectivement supportées dans l’intérêt de l’activité peuvent être enregistrées pour déterminer le résultat imposable. La taxe foncière afférente au logement loué peut alors, en principe, être prise en compte parmi les charges de l’activité, sous réserve de respecter les règles comptables et fiscales applicables.

Peut-on être exonéré de taxe foncière sur un investissement locatif ?

Oui, certaines exonérations ou certains dégrèvements peuvent concerner un logement locatif. Ils sont toutefois encadrés et ne s’appliquent pas automatiquement à tous les investissements.

 

L’exonération temporaire liée à une construction nouvelle

Une construction nouvelle ou certains aménagements peuvent bénéficier d’une exonération temporaire de taxe foncière pendant deux ans, à condition notamment d’effectuer la déclaration requise dans les délais. La portée exacte de l’exonération peut dépendre des décisions prises par les collectivités territoriales. Il est donc indispensable de vérifier la situation auprès du service des impôts fonciers et de la commune concernée avant d’intégrer cet avantage à une étude de rentabilité. Nous vous recommandons de ne jamais considérer une exonération supposée comme acquise tant qu’elle n’a pas été confirmée.

 

L’exonération pour travaux d’économie d’énergie

Certaines communes peuvent accorder une exonération de 50 % à 100 % de taxe foncière pendant trois ans pour un logement ancien ayant fait l’objet de travaux d’économie d’énergie. Depuis le 1er janvier 2025, cette possibilité peut concerner, sous conditions, les logements achevés depuis plus de dix ans au début de la première année d’application de l’exonération.

L’exonération dépend d’une décision de la collectivité locale. Toutes les communes ne la proposent donc pas. Le propriétaire doit aussi déposer une déclaration accompagnée des justificatifs de dépenses dans le délai prévu. L’exonération commence l’année suivant celle au cours de laquelle les travaux ont été intégralement payés. Une fois la période de trois ans terminée, elle ne peut pas être renouvelée pour le même logement pendant les dix années suivantes.

 

Les logements neufs à haute performance énergétique

Dans certaines communes, un logement neuf atteignant un niveau élevé de performance énergétique peut bénéficier d’une exonération de taxe foncière comprise entre 50 % et 100 % pendant cinq ans. Là encore, cette exonération suppose une délibération de la commune ou de l’établissement public de coopération intercommunale compétent. Le contribuable doit transmettre les documents démontrant que les critères énergétiques et environnementaux sont respectés.

 

Le dégrèvement pour vacance involontaire

Un propriétaire peut demander un dégrèvement lorsque son logement destiné à la location reste vacant indépendamment de sa volonté pendant au moins trois mois consécutifs. La vacance doit concerner tout le logement ou une partie susceptible d’être louée séparément. Le simple choix de conserver le bien vide ne permet donc pas de bénéficier de ce mécanisme. Cette possibilité peut être utile lorsqu’un logement reste anormalement vacant malgré des démarches de location réelles, mais elle suppose de pouvoir démontrer que la situation échappe à la volonté du propriétaire.

Quel impact sur le déficit foncier ?

La taxe foncière peut participer à la formation d’un déficit foncier lorsque le logement est loué nu et imposé au régime réel. Un déficit foncier apparaît lorsque les charges déductibles dépassent les revenus fonciers encaissés. Imaginons un propriétaire percevant 8 000 euros de loyers annuels. Il supporte 2 000 euros d’intérêts d’emprunt, 1 500 euros de taxe foncière déductible, 1 000 euros d’assurance et de frais de gestion, ainsi que 9 000 euros de travaux déductibles.

Le résultat foncier devient négatif. La fraction du déficit provenant des charges autres que les intérêts d’emprunt peut, sous conditions, être imputée sur le revenu global dans la limite annuelle de 10 700 euros.

La part supérieure à cette limite et la fraction correspondant aux intérêts d’emprunt sont reportables sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

La taxe foncière appartient aux charges autres que les intérêts d’emprunt. Elle peut donc contribuer à la fraction du déficit susceptible d’être imputée sur le revenu global, dès lors que les autres conditions sont respectées. Le propriétaire qui utilise ce mécanisme doit notamment maintenir le bien en location jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant celle de l’imputation du déficit sur le revenu global. Une interruption anticipée peut entraîner une remise en cause de l’avantage, sauf exception admise par la réglementation.

Le micro-foncier, en revanche, ne permet pas de constater un déficit foncier. L’abattement de 30 % remplace toutes les charges réelles, même lorsque celles-ci sont plus élevées.

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Pour résumer, la taxe foncière est une véritable ligne de coût dans un investissement locatif, mais son poids peut être atténué par le régime fiscal ou, dans certains cas, par une exonération temporaire. Chez IMMVEO, nous intégrons cette charge dès l’étude du projet afin de présenter une rentabilité réaliste, fondée sur les coûts effectivement supportés et que vous puissiez choisir plus sereinement le bien, le mode de location et le régime fiscal.

Foire Aux Questions

La totalité de l’avis de taxe foncière est-elle déductible ?

Non. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui figure généralement sur le même avis, est normalement récupérable auprès du locataire et n’est pas déductible comme une charge supportée définitivement par le propriétaire.

Pas séparément. Elle est réputée comprise dans l’abattement forfaitaire de 30 % appliqué par l’administration.

Elle peut être prise en compte sous un régime réel BIC lorsqu’elle est supportée dans l’intérêt de l’activité. Sous un régime micro, elle n’est pas déduite individuellement.

Non. Elle dépend notamment d’une délibération de la commune ou de l’intercommunalité, du respect des critères techniques et du dépôt d’une déclaration dans les délais.

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